Le village de Langmusi

Jeudi 5 juillet 2012




Un long trajet à travers les plateaux tibétains, où se succèdent troupeaux de yacks et troupeaux de brebis, nous amène à ce qui doit vraiment être, cette fois - d'autres voyageurs nous l'ont confirmé -, un village et non pas une ville: Langmusi (L). Sur la route, un accident spectaculaire: un camion renversé avec tout son chargement répandu sur la chaussée.






Nous voici vraiment au bout du monde, toujours à plus de 3000 m d'altitude, une grande rue à peine goudronnée et des rues boueuses, deux monastères, des moines, une mosquée, des petites maisons avec cheval et yack...






























Le temps est gris et, assez rapidement, un orage éclate, faisant courir les moines et nettoyant le ciel pour le lendemain.












































Ici, pas d'installations sophistiquées pour le lavage des voitures: le torrent convient parfaitement! En Chine, contrairement à l'Inde, il n'y a pratiquement que de belles voitures, sans doute parce qu'il faut une autorisation de l'Etat pour en acheter une.

Le monastère de Labrang

Mardi 3 et mercredi 4 juillet 2012



Et c'est reparti pour un voyage en bus! Ce sera le plus mémorable: un petit bus mais beaucoup beaucoup de voyageurs (qui montent une fois qu'on a quitté la gare routière et descendent avant l'arrivée), assis à l'avant, sur des tabourets dans le couloir, debout... Et le coffre est plein de gros sacs qui s'avéreront appartenir à un groupe de femmes tibétaines, qu'elles déchargeront à Xiahe. Que transportaient-elles?








Le trajet est particulièrement montagneux; on passe un col qui pourrait ressembler au Tourmalet, en dix fois plus long et à une altitude qui doit avoisiner les 3500 m. De l'autre côté du col, arrêt, tout le monde descend: dans un minuscule magasin, une femme vend des coupelles de yaourt sucré de yack. Un régal!












C'est à Xiahe (K) que se trouve le plus grand monastère bouddhiste tibétain après celui de Lhassa. Constitué d'innombrables temples et bâtiments d'habitation pour les moines, il succède à la ville "normale" et couvre tout le fond de la vallée.




Un moine nous le fait visiter. Il est censé parler anglais, mais les quelques étrangers qui suivent la visite ne comprennent pas grand chose. En tout cas, ce qu'il raconte le rend hilare, nous ne saurons pas au juste pourquoi...









Nous arrivons à l'un des plus grands temples au moment où les moines y entrent. Ils portent leur coiffe (ce sont des bonnets jaunes) mais laissent leurs chaussures dehors!















Et partout, toujours, les Tibétains font tourner leurs moulins à prières, qu'ils soient neufs comme à Tongren ou anciens comme ici.

Tongren, approche du Tibet

Dimanche 1er et lundi 2 juillet 2012



Nous revenons à Xining pour prendre presque aussitôt un bus pour Tongren (J). Là aussi la montée est progressive, d'abord par une bonne route suivant un vaste lac de barrage, puis par une route plus étroite qui débouche sur un vaste plateau.






Tongren est notre première ville dans les régions tibétaines. Le Tibet - actuellement fermé aux étrangers - n'est en effet pas la seule région habitée par des Tibétains; ceux-ci sont nombreux également dans les provinces du Qinhai et du Gansu. L'accueil est un peu inquiétant: arrivant à 8 h du soir, nous ne tombons que sur des hôtels qui ne reçoivent pas d'étrangers! Nous finissons quand même par en trouver un qui nous accepte. De notre fenêtre, nous voyons le matin des groupes de gens et des policiers faire leur gym matinale sur la grande place, sur une musique absolument cacophonique.

Mais l'intérêt de Tongren est ailleurs: sa spécialité est la peinture de tangkas, images religieuses peintes par les moines bouddhistes, notamment ceux du monastère de Wutun Si. Une partie de celui-ci a été récemment rénovée, et brille de ses coupoles dorées et de ses couleurs vives.

 





On y trouve les différents éléments bouddhistes: des mandalas peints au plafond, la roue du samsara (le dharmacakra) et les fameux tangkas.






























 





Le monastère compte 11 stupas alignés et d'immenses rangées de moulins à prières.













Il y a aussi des moines parmi les visiteurs; ils aiment beaucoup se faire prendre en photo!














Le moine sympathique qui nous sert de guide nous amène ensuite dans la partie plus ancienne. Il nous fait assister à la lecture des sutras, puis nous invite à manger dehors avec les moines cuisiniers.










Repas frugal: pain, thé au beurre de yack et yaourt de yack. Nous apprenons que c'est un jour spécial, l'anniversaire de la mort de Gautama Bouddha. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous ne pourrons pas voir les artistes en train de peindre; ils ne travaillent pas ce jour-là.






Nous marchons ensuite jusqu'à un autre monastère, situé dans un village de l'autre côté de la vallée. Les petits moines y jouent au foot avec d'autres enfants, sous la pluie. On a vraiment l'impression que la vie monastique d'ici n'a pas grand chose à voir avec celle que l'on voit chez nous! En tout cas, ils ont tous l'air joyeux et décontractés.








Et puis c'est encore un autre grand monastère, situé cette fois dans la ville même de Tongren.



Le lac Qinghai


Vendredi 29 et samedi 30 juin 2012



Gros problème: allons-nous voir le lac Qinghai (I)? Il est à 180 km à l'est de Xining et il n'y a pas de bus pratique pour y aller. Mais d'un autre côté, c'est un immense lac d'eau salé, de 360 km de circonférence, situé à 3200 m d'altitude, donc exceptionnel. Finalement nous décidons de prendre un taxi, car il devrait y avoir une éclaircie dans l'après-midi.









Une longue montée très progressive nous amène sur nos premiers hauts plateaux tibétains, annoncés par une inscription dans la montagne.











Nous découvrons aussi nos premiers yacks...




Le chauffeur de taxi nous dépose au premier hameau, constitué presque exclusivement d'hôtels, de restaurants et de boutiques de souvenirs, destinés visiblement à des touristes chinois peu fortunés. L'accès au lac est payant, l'environnement plutôt bruyant et il commence à faire frais.











On se croirait vraiment au bord d'une mer, c'est tout à fait surprenant!

Xining et ses religions

Vendredi 29 juin 2012






Sachant que Xining (H) est à 2200 m d'altitude, en bordure du plateau tibétain, nous imaginions une petite cité de montagne... Mais non, c'est une immense ville avec une multitude de gratte-ciel modernes!













Nous visitons d'abord un temple bouddhiste, situé sur une petite colline d'où l'on a une belle vue sur la ville. Quel contraste entre ces deux mondes!














En redescendant, nous traversons un quartier ancien, où nous découvrons une église catholique.













Un peu plus loin, c'est le taoïsme qui se rappelle à nous par une sculpture chez un fabricant de pierres tombales.











Et enfin, comme c'est vendredi, nous ne voulons pas manquer le clou de la journée signalé par le "Lonely Planet": la prière à la Dongguan mosquée, l'une des plus grandes mosquées du nord-ouest de la Chine.










Il y a effectivement une foule impressionnante, tout autant d'ailleurs dans la mosquée elle-même que sur le marché qui la jouxte! Nous nous sentons bien minoritaires: pratiquement aucun étranger et quasiment aucune femme parmi tous ces gens...





Les grottes de Mogao et Lanzhou

Mercredi 27 et jeudi 28 juin 2012



L'autre grande attraction de Dunhuang est le site, classé UNESCO, des 492 grottes de Mogao, aussi appelées Grottes aux mille Bouddhas. Les peintures murales les plus anciennes remontent au IVe siècle. Les artistes étaient soutenus par les marchands qui parcouraient la route de la Soie et cherchaient ainsi la protection des dieux pendant leurs traversées. Elles ont été redécouvertes au début du XXe siècle.




Un musée où les plus belles peintures et sculptures sont reproduites a été construit à côté. Comme à Lascaux, le problème de la conservation se pose, ce qui fait que peu de grottes sont ouvertes au public et que l'on n'est pas autorisé à faire des photos à l'intérieur.








Le soir venu, nous prenons à la "modeste" gare de Dunhuang un nouveau train de nuit. Cette fois-ci nous avons des couchettes "molles", que nous partageons avec un riche Chinois qui importe des bois précieux du Japon et qui est déjà venu plusieurs fois en France.







La journée de jeudi est une journée de transition à Langzhou (G), où nous retrouvons Pauline, une ancienne camarade de classe de l'école Steiner qui fait des études de chinois à Genève. En l'attendant, nous visitons le musée provincial du Gansu, où nous admirons notamment sa plus belle pièce, un cheval volant qui galope sur une hirondelle... Puis nous reprenons un bus pour nous rendre à Xining, entamant ainsi une partie très différente du voyage.

Les dunes de Dunhuang

Mardi 26 juin 2012





Un assez long trajet en bus au milieu de nulle part - du désert rocailleux entrecoupé de quelques oasis - nous amène au point le plus au nord et à l'ouest de notre périple: Dunhuang (F), autre halte sur la route de la Soie. C'est en fait notre première ville véritablement touristique.










Nous logeons d'ailleurs dans une auberge fort sympathique, située au milieu de grands vergers (de délicieux abricots, un peu différents des nôtres) et fréquentée par des touristes étrangers. Il faut dire que Dunhuang possède une attraction de taille (c'est le cas de le dire): d'immenses dunes de sable, dont la plus haute mesure 1700 m de haut! Hélo et moi ne résistons pas à l'envie de faire une promenade en chameau pour y voir le coucher de soleil. Nous partons seules avec le chamelier, qui a accepté de faire une sortie rien que pour nous!













La partie située entre l'oasis et les dunes, plus plate, sert en fait de cimetière; elle est parsemée de petites buttes et de stèles. Le soleil, timide au début, réapparaît juste assez pour donner au sable de belles couleurs.