Gorée

Mercredi 9 février 2011




Etourdies par le monde et le bruit de ces derniers jours, nous décidons de faire une pause et partons à trois - Sabine, Christine et moi - visiter l'île de Gorée. Dommage, le temps n'est pas très beau et même frais.











Le départ n'a rien à voir avec celui pour N'Gor: on ne saute pas dans une pirogue sur la plage, mais on embarque depuis une superbe gare maritime toute neuve. Elle est décorée d'une grande fresque en honneur à "Dakar port du 3e millénaire".












Nous montons jusqu'au "Castel", où se dresse la pirogue chavirée, monument en hommage aux esclaves déportés depuis cette île et bien d'autres endroits d'Afrique. Nous admirons en passant le travail des chats...









Nous sommes assaillies par les vendeurs en tous genres, surtout de colliers, de peintures et de sculptures.













Au bout d'un moment, nous entamons une longue discussion avec deux hommes âgés, dont l'un, très intéressant, finit par nous proposer de venir manger chez lui.












Puis tous deux nous invitent à boire le thé dans leur "antre".














Après les avoir quittés, nous visitons la Maison des esclaves, qui donne des explications sur l'histoire de l'esclavage.














Nous déambulons ensuite dans les petites rues du village...












et sur la place.


































Beaucoup de bâtiments sont dans un état de décrépitude qui fait peine à voir; ça me rappelle certains reportages sur Cuba...



























Le soir, ces dames homéopathes, perplexes, cherchent dans leurs stocks de granules ce qui pourrait convenir pour soigner les petits problèmes des uns et des autres.

Le Forum social mondial

Mardi 8 février 2011





Aujourd'hui nous laissons les "pros" aller à la FIARA pour aller voir un peu ce fameux Forum.












Pour commencer, il faut faire débloquer les téléphones pour pouvoir s'en servir ici, car on a vraiment besoin pour l'organisation. Entre les trajets en taxi, les renvois d'un endroit à l'autre et les courses à faire pendant le déblocage, Christine et moi y passons trois heures... Finalement, le mien marche, mais pas le sien!









Nous allons ensuite à l'université pour essayer de rejoindre notre stand. Mais c'est immense, immense, il y a des stands et des gens partout. Par contre, pas de stand d'accueil, pas de plan, pas de programme... Comment retrouver les autres?










Après avoir erré un bon moment, nous tombons par hasard sur Manuela, une jeune organisatrice, et arrivons enfin au but. Il est 4 heures et les autres n'ont pas encore mangé, nous les remplaçons un moment. Nous nous apercevons très vite que beaucoup de gens sont intéressés par le pain. Nous assistons ensuite à la table ronde organisée par Jacques, avec quelques grands pontes africains. Michel y donne une petite explication.






Certains panneaux sont bien intéressants...
















Et le soir, repas improvisé dans un petit magasin près de l'hôtel, qui nous installe en vitesse deux tables dans son arrière-cour. La soirée se termine par une longue discussion sur le pain, car il s'avère que le magasin est aussi une boulangerie!

La FIARA

Lundi 7 février 2011




Branle-bas de combat dans le groupe: ils se sont aperçus que la FIARA, une grande foire agricole qui a lieu en même temps que le Forum, convenait bien mieux que le Forum pour ce qu'ils veulent transmettre avec leur pain. Donc finalement, nous allons là-bas au lieu d'aller au Forum.










Le plus frappant d'emblée est la présence des femmes dans tous les domaines agricoles. Sur beaucoup de stands, elles sont seules, et elles se montrent très actives, y compris dans des domaines très pointus là-bas comme l'agriculture biologique.









Plusieurs participants, après avoir goûté le pain, demandent à apprendre à le faire. C'est tout à fait ce que souhaitent Jacques, Michel et James: aller sur place montrer leur savoir-faire.










Ils ont même l'occasion de discuter de leur projet avec le président de la foire et d'autres notables africains, tout en leur offrant une dégustation de leurs produits, pains et galettes.












Bien sûr, ils les font aussi goûter aux visiteurs et aux participants, y compris un groupe de manifestantes en blanc!











La grande marche du Forum social mondial

Dimanche 6 février 2011



Tout d'abord, une petite explication: le groupe est une délégation de l'association Solidarité, qui a pour but, ici, de montrer que l'on peut faire du pain avec des céréales locales au lieu d'importer du blé. Il comprend, en plus des gens avec qui je suis venue, Jacques Berthelot, un économiste à la retraite, spécialisé dans les questions agricoles, deux Mexicaines et une Brésilienne venues montrer comment faire des tortillas, et deux Indiens - dont un de Jaisalmer!! - venus montrer comment faire des chapatis avec du mil.












Un peu avant midi, nous allons à l'hôtel du Phare, dans le quartier appelé "les Mamelles", où ils sont tous hébergés. Nous les retrouvons juste au moment où ils partent pour la grande marche d'ouverture du Forum et partons donc avec eux.












Après avoir attendu un bon moment sur le lieu de rassemblement, le cortège se met en branle pour parcourir les grandes avenues de Dakar.












Impressionnant, ce cortège! Des gens de partout, toutes sortes de revendications sur la banderoles et les panneaux. Une majorité d'Africains et d'Européens, quand même; peu de Sud-Américains et d'Indiens, pratiquement pas d'Asiatiques.












Les groupes représentés sont de toutes tailles, depuis les grandes délégations jusqu'aux petits groupes locaux: cordonniers d'un quartier de Dakar, pêcheurs...













Au bout de trois heures, nous arrivons au but, l'université de Dakar, au fond de laquelle est dressé le podium qui accueille les "célébrités". Mais nous n'avons plus le courage d'aller jusque-là...






















































Les pêcheurs d'Yoff et l'île de N'Gor

Samedi 5 février 2011




Journée de récupération avant le début du forum, demain. Nous sommes dans l'ambiance dès le petit déjeuner: le restaurant donne directement sur la plage, où les pêcheurs déploient une intense activité.











Ils reviennent avec leurs pirogues bariolées, déchargent le poisson dans des paniers portés sur la tête; sur la plage, la foule se presse pour le récupérer.












Les femmes en achètent juste quelques-uns, les hommes en ramènent des seaux sur leur carriole à cheval. Des camions plus ou moins frigorifiques chargent de plus grosses quantités. Un peu plus loin, des femmes mettent des poissons à sécher sur des claies.































Nous décidons ensuite d'aller visiter l'île de N'Gor. Traversée depuis la plage dans une pirogue bien chargée, qui prend l'eau, mais tout le monde arrive à bon port.











N'Gor est une jolie petite île couverte d'une belle végétation et de résidences secondaires, bâties le long de ruelles de sable. Les quelques plages sont parsemées de rochers volcaniques comme à Maurice. Mais il ne fait pas très très chaud et l'eau est assez fraîche; peu de gens se baignent.










Certains n'y sont pas en vacances, mais travaillent dur, comme ceux qui amènent des sacs de sable depuis la côte et les déchargent en les portant sur la tête.






















D'autres essaient de vendre aux touristes sculptures et colliers, comme cette femme très sympathique qui nous a abordées sur la plage.

Départ pour Dakar

Vendredi 4 février 2011


C'est aujourd'hui le grand départ pour Dakar et le Forum social mondial. Il fait tellement beau qu'on n'a pas presque pas envie de partir... Je commence par rejoindre Michel à Lourdes, à sa boulangerie. Puis nous allons à la ferme des parents de Mathieu, qui sera notre reporter, près de St-Gaudens. James (le deuxième boulanger) et Christine (homéopathe à la retraite, ancienne présidente d'Homéopathes sans frontières) nous y rejoignent. Nous nous installons dehors pour le repas, puis partons à deux voitures pour l'aéroport, où nous attend Sabine.





A l'aéroport, grosse angoisse: au moment de l'enregistrement, on s'aperçoit que le passeport que j'ai emporté n'est pas le mien, mais celui d'Héloïse!!! Après une attente plutôt angoissante - je ne me vois pas laisser le groupe partir à Dakar sans moi et rentrer piteusement à la maison -, l'hôtesse me laisse passer!






Le vol pour Lisbonne, assez court, est superbe: la bordure des Pyrénées est dégagée et nous longeons toute la chaîne avant de la passer au niveau de la côte basque. Nous reconnaissons même l'Ossau! Mais je ne suis pas du bon côté pour les photos...






Le problème du passeport se pose de nouveau à notre escale à Lisbonne, surtout au niveau de la douane, car il s'agit de sortir de l'espace Schengen! Mais après encore une attente angoissante, le téléphone donne son feu vert... Enfin, à notre arrivée à Dakar à 3 heures du matin, le douanier ne s'inquiète pas le moins du monde du fait que je n'ai que ma carte d'identité. Bref, ça y est, je suis allée à Dakar sans passeport... Nous voici donc au Poulagou pour deux nuits, Sabine et moi, les autres allant directement à l'hôtel où nous serons pendant le forum.